DO MROF : Profession? Ostéopathe!

08-04-2016
Connaissez-vous la différence entre un exclusif et un double titre? ...

Le conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes continue son travail de sape d'une discipline sur laquelle il n'a pas d’emprise, l'ostéopathie crânienne, mère de la philosophie ostéopathique.

Non content d'avoir commandité sur cette dernière un rapport sur le manque de preuve de son efficacité, l'ordre qualifie maintenant notre pratique de dérive thérapeutique, contraire aux règles de déontologie (http://m.actukine.com/3-nouveaux-avis-du-Conseil-National-de-l-Ordre_a5389.html).

Ce rapport ou plutôt cette revue d’une littérature surannée de 286 pages, certes à la rigueur non discutable quant à son contenu formel, nous est parvenue lors de sa publication.

Elle concerne l’historique, les concepts et les fondements de ce que bon nombre d’entre nous préférons appeler l’ostéopathie cranio-sacrée.

Sans doute faut-il remercier les auteurs de ce rapport, dès lors qu’à défaut de pouvoir remettre en cause les résultats indiscutables obtenus dans nos cabinets, ils nous permettent un questionnement sur les fondements de l’ostéopathie en relançant le débat sur un sujet qui ne fait pas nécessairement l’unanimité au sein même de notre monde, du côté des praticiens comme des enseignants, et même d’un pays à l’autre.

Le travail de fourmi proposé se veut sérieux et se prétend de haut niveau scientifique mais se révèle finalement parfaitement subjectif, voire provocateur, avec l’objectif évident de faire réagir : il ne peut en être autrement lorsque nous lisons “ostéopathie discipline inventée […] suite à une vision épiphanique (p.11)” ; “l’ostéopathie viscérale repose sur une gageure (p.14)” ; “identifier les personnages (p.15)” ; “composants hypothétiques [...] du MRP (p.26)”.

Nous qui prônons une ostéopathie de qualité, Il est de notre devoir de réagir face aux auteurs de ce rapport qui ne sont pas des ostéopathes exclusifs et commettent par conséquent des erreurs qu’ils glissent dans le texte, erreurs qui sont malheureusement des amalgames encore enseignés dans certaines écoles :

   “L’ostéopathie viscérale parfois qualifiée d’ostéopathie fonctionnelle ou énergétique“ ;

   Mauvaise utilisation des termes :

  “mouvement crânien” ou “mobilité suturale” ;

  “Mobiliser les MTR par des techniques manuelles” ;

  Confusion entre le concept du MRP, la physiologie MRP et l’IR.

 

Mais il existe cependant un point sur lequel nous ne pouvons pas blâmer les auteurs, dans leur esprit critique, tant notre bibliographie est pauvre autant pour la littérature “ancienne” ou “actuelle” que pour l’absence de rigueur de la démarche scientifique des ostéopathes depuis toujours, comme veut le mentionner la conclusion de ce rapport.

En effet, le concept du MRP est abordé par les travaux de Sutherland, qui sont totalement dépassés et souvent erronés (“mobilité rythmique du cerveau, mobilité articulaire des os du crâne, mobilité du cerveau, fluctuation du LCR”) sans n’avoir jamais été profondément remis en question ce qui permet aux auteurs d’affirmer une “évidente défaillance épistémologique des fondateurs, mais également des continuateurs qui ont continué d’empiler des briques plus ou moins mal façonnées sur un marécage sans point d’appui”. Ceci est un comble pour les ostéopathes de parler de fulcrum sans jamais être sûr d’en avoir jamais eu un...

Les auteurs admettent pourtant la difficulté des études car le double aveugle est impossible. Les colloques du ROF ont permis depuis deux ans de montrer que la particularité de l’ostéopathie oblige de nouveaux marqueurs de recherche. Des universitaires de très haut vol sont unanimes sur la question.

Les fichiers audio de ces colloques sont disponibles sur le site http://www.osteopathie.org/3539-mediatheque-videotheque.html

En tout état de cause, ce rapport, écrit par des non-ostéopathes est une chance incroyable car il cible les failles que nous devons combler:

 -  il n’existe pas de recherche fondamentale, base d’un enseignement “scientifique” régulièrement réactualisé et sérieux (à savoir restant respectueux de l’originalité de l’ostéopathie et de sa philosophie) ;

 - un enseignement totalement hétérogène, pas toujours de première qualité et sans contrôle dans les écoles françaises ;

 - un manque de compétence dans le domaine crânio-sacré qui explique une réelle confusion, et justifie les critiques et remises en question par les ostéopathes eux-mêmes.

Pourtant, bien avant ce rapport, un organisme de formation en kinésithérapie démontre l’efficacité de la technique de compression du quatrième ventricule : http://www.kinesport.info/CHANGEMENTS-IMMEDIATS-DE-L-ACTIVITE-ELECTROENCEPHALOGRAPHIQUE-CHEZ-DES-INDIVIDUS-ATTEINTS-DE-LOMBALGIE-CHRONIQUE-NON_a3081.html

Tant d’efforts de part et d’autre pour s’approprier des techniques d’une profession qui se reconnaît dans sa philosophie… Car ce simple mot fait toute la différence des pratiques entre porteurs du titre. Certains enchaînent les techniques pendant que d’autres écoutent, raisonnent et prennent en charge un patient dans sa globalité pour lui rendre sa capacité d’auto-régulation. Là est toute la différence. D’ailleurs, l’OMS ne s’y trompe pas en définissant la médecine ostéopathique et non les techniques ostéopathiques : (http://www.who.int/medicines/areas/traditional/BenchmarksforTraininginOsteopathy.pdf).

Alors pourquoi ce déchaînement actuel ? Par ces affirmations péremptoires, l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes entre en opposition frontale avec les décrets régulant notre profession. Ces décrets qui ont récemment augmenté le nombre d'heures de formation nécessaires aux masseurs-kinésithérapeutes pour obtenir leur diplôme d'ostéopathe, ne permettent plus de “passerelle”.

Dès lors, comment ne pas percevoir chaque tentative de dénigrement de notre profession par l'Ordre des masseurs-kinésithérapeute comme une manœuvre politique tendant à justifier une requête en diminution du nombre d'heures nécessaires à l'obtention du précieux sésame, et une discréditation des ostéopathes exclusifs qui, eux, n'ont pas renié leur identité en jetant aux oubliettes la philosophie de l'ostéopathie ?

De là à basculer dans la dérive thérapeutique  contraire aux règles de la déontologie, il n’y a qu’un pas que l’ordre des masseurs-kinésithérapeute franchit allègrement,  en l’absence de preuve scientifique de l’efficacité de ces techniques utilisées depuis des décennies par les ostéopathes pratiquant la médecine ostéopathique, pour le plus grand bénéfice des patients.

La déontologie du ROF elle,  n’a pas pour objectif de fermer des portes mais de favoriser la mise en œuvre de la philosophie ostéopathique sans qu’il soit indispensable de se justifier exclusivement par des preuves scientifiques. C’est d’ailleurs en ce domaine qu’il est permis de s’interroger sur le mariage improbable d’une profession et d’un métier ou seule la technique à voix au chapitre, ce qui ne fait que renforcer la nécessité d’une formation à part entière.

Les travaux du Registre des Ostéopathes de France ont permis d’avancer dans la réflexion de la démonstration scientifique et philosophique des bienfaits de l’ostéopathie. Cette tâche, longue et ardue, concerne tous les ostéopathes exclusifs, qui heureusement, sont maintenant largement majoritaires et mettent en avant quotidiennement auprès des patients la philosophie de l’Ostéopathie, qui nous est si chère et qui fait la particularité des ostéopathes et les différencie des simples porteurs du titre.

Nous continuerons à œuvrer en ce sens, pour préserver ce que Still a souhaité transmettre à ses élèves.

Ensemble portons l’avenir de l’Ostéopathie.

Le Conseil national




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