J'éthique...l'ostéopathie

L’ostéopathie est une médecine manuelle spécifique au confluent de nombreuses sciences.  

Dans nos civilisations occidentales, la philosophie science première, chère à Socrate (1)qui dénonce les pseudo sciences par la définition et la dialectique (la maïeutique « l’art d’accoucher » et la réfutation), recentre l’homme à sa juste place dans la cité et dans la nature, nous conduisant à la notion d’Ethique (Aristote, fils de médecin) (2).

C’est à ce même Aristote que l’on doit le principe d’holisme ; équilibre écologique pour les êtres humains intégrés à leur environnement. Chez Still, fondateur de l’ostéopathie on retrouve cette notion dans l’expression Homme unité interconnectée.  

Il est donc indispensable de remettre la pensée des anciens au centre du système et de concevoir l’Ostéopathie au travers de ce prisme. 

Médecine globale si l’on se réfère à la vision mécaniste, mais médecine totale si l’on se réfère à la philosophie qu’il faut souvent découvrir et s’approprier en « lisant entre les lignes » des écrits des ostéopathes. 

L’ostéopathie prend appui sur de nombreux concepts avec un champ très large s’étendant de la mécanique au spirituel en passant par le vitalisme, sans oublier les sciences fondamentales, les sciences humaines…. Vouloir la réduire à un seul de ces aspects et prétendre qu’il est l’alpha et l’oméga de notre art est une erreur conceptuelle et éthique. La philosophie et l’éthique ne peuvent réduire l’ostéopathie à la pratique de techniques dites scientifiquement prouvées. A lui seul le rationnel ne peut prendre en compte toute la réalité. L’ostéopathe devra donc savoir dépasser ce cadre. 

Par cette diversité, cette totalité, elle prend naturellement sa place dans le champ de la santé, en collant à la définition donnée par l’OMS : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou infirmité ».  

Il faut réaffirmer l’amplitude de l’ostéopathie et respecter sa diversité sans la limiter. L’ostéopathie n’a nul besoin de revétir le manteau de l’allopathie. Elle doit exposer le sien. 


C. Bochurberg  (DO MROF) : « L’Ethique précède le soin. » 


1. Platon, Apologie de Socrate.
2. Laërce, Diogène. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, Livre V,2.
3. Français, gouvernement. Le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie définit le champ de compétences des ostéopathes en précisant notamment les « actes autorisés ». 2007.
Dernière modification le 29-06-2021 à 15:16:57