Décision de justice…

07-05-2015
Médoc : jugé pour attouchements, l'ostéopathe a été relaxé...
Soupçonné d’attouchements, l’ostéopathe a plaidé des gestes à des fins purement thérapeutiques.

Agression sexuelle par une personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction ou manipulation particulière à des fins thérapeutiques ? C'est la question posée il y a quelques semaines au tribunal correctionnel de Bordeaux qui, hier, a relaxé un ostéopathe médocain poursuivi pour attouchements. Une décision très attendue. Par les thérapeutes comme par les patients.
Coup sur coup en 2008, deux femmes, qui se connaissaient et souffraient l'une du dos l'autre du tendon d'Achille, avaient déposé plainte contre l'ostéopathe, dénonçant ses pratiques : respiration forte, praticien collé à elles, mains se déplaçant sur leur corps et surtout… intromission digitale dans leur vagin. Toutes deux avaient confié leur étonnement, leur dégoût et leur sentiment d'être salies.

 

Mis en examen pour viol

Au regard de la loi, tout acte de pénétration sexuelle imposée par violence, contrainte, menace ou surprise constitue un viol. En 2009, c'est cette qualification pénale qui a été retenue contre l'ostéopathe, un temps interdit de pratiquer, avant que le dossier ne soit finalement requalifié en agressions sexuelles. Le quadragénaire médocain a toujours justifié ces gestes par la pratique de sa technique ostéopathique. Il assure avoir recueilli le consentement de ses patientes avant de réaliser ces manipulations à des fins purement thérapeutiques.

Des techniques plus classiques et extérieures ayant échoué dans le traitement du mal de dos ou de replacement de l'utérus, il avait opté pour ces actes in corpore. Cependant, une loi du 4 mars 2002 et un décret du 25 mars 2007, interdisent les gestes gynécologiques aux ostéopathes, notamment les touchers pelviens et les manipulations gynéco-obstétricales auxquelles le Médocain avait été formé. Il ne nie d'ailleurs pas avoir ainsi traité et soigné une cinquantaine de patientes. Fournissant à chaque fois des explications qui n'étaient peut-être pas comprises de la même façon par toutes.

Pour lui, ces actes médicaux ostéopathiques étaient justifiés pour pratiquer les soins. Ils lui valaient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Bordeaux il y a quelques semaines. « Cette affaire démontre en quoi des pratiques d'ostéopathie peuvent parfois prêter à confusion dans l'esprit de certains », explique Me Benoît Ducos-Ader qui a plaidé et obtenu la relaxe de son client. « Il y a parfois des gestes particuliers qui peuvent ne pas avoir de connotation sexuelle et qui exigent une proximité des corps du patient et du thérapeute pour être efficaces. » L'avocat avait fait citer comme témoin à la barre la Libournaise Claudine Ageron-Marque, enseignante et formatrice en France et à l'étranger.

Initialement sage-femme et désormais ostéopathe, elle est notamment l'auteur d'un « Guide pratique d'ostéopathie en gynécologie » où sont présentées ces « techniques internes » que sont les manipulations vaginales ou rectales qu'elle a détaillées à l'audience. Pour remettre un coccyx en place comme pour soigner des douleurs au talon d'Achille. Plaidant pour ces pratiques interdites qui ont fait leurs preuves dans la mesure où elles sont encadrées, elle a ainsi donné une caution professionnelle salvatrice à son confrère.

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