Ostéopathie et financement des soins :
une mobilisation parlementaire nécessaire
Le Registre des Ostéopathes de France (R.O.F.) a sollicité le 25 juin dernier l’ensemble des parlementaires député·es et sénateur·rice·s dans le cadre de leur mandat au sein de la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale (CCSS), en vue de la préparation du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026.
La Sécurité sociale fêtera ses 80 ans en octobre prochain. Cet héritage de l’après-guerre constitue aujourd’hui l’un des piliers de notre société solidaire, fondée sur un principe essentiel : que le plus fort soutienne le plus faible. Le R.O.F. exprime ici son attachement à ce lien fondamental qui unit notre Nation, un lien précieux qui donne tout son sens à notre devise Liberté, Égalité, Fraternité.
L’ostéopathie en France : un acteur de santé incontournable
La France compte aujourd’hui 40 910 ostéopathes, pour environ 25 millions de consultations par an.
Plus d’un Français sur deux a déjà consulté un ostéopathe. La profession bénéficie d’une image solide auprès des patients, avec un taux de confiance de près de 90 %.
Plus de 30 % des patients viennent sur proposition de leur médecin.
Les ostéopathes sont officiellement reconnus comme des soignants :
Le R.O.F. espère que l’inscription officielle de la profession dans le Code de la santé publique interviendra prochainement, afin de lui conférer pleinement le statut de profession de santé.
Un impact réel sur le système de santé et les finances publiques
Les soins ostéopathiques sont accessibles en première intention, sans prescription, et sont dispensés dans des délais raisonnables sur l’ensemble du territoire.
Les soins sont non pris en charge par l’Assurance maladie, ce qui constitue une économie directe pour la Sécurité sociale.
Une étude du cabinet Asterès Études & Conseil, commandée en 2019 par le R.O.F. et CBF Assurances, a permis de mesurer l’impact économique de l’ostéopathie en France :
« L’amélioration de la santé consécutive à l’usage conjoint de la médecine et de l’ostéopathie réduit notamment les arrêts de travail et génère donc un gain économique pour les entreprises et l’Assurance Maladie. »
« Par patient, notre modèle permet d’évaluer à 342 € l’économie réalisée si un patient atteint de cervicalgie ou de lombalgie consulte un ostéopathe en plus de suivre un traitement médical. »
« Le bénéfice pour la société s’élève à 67 millions d’euros par an, dont 51 millions pour les entreprises et 29 millions pour l’Assurance maladie. »
Par ailleurs, la profession est constituée quasiment exclusivement de professionnels libéraux. Chaque ostéopathe contribue par ses cotisations sociales au financement de la protection sociale.
Selon l’UNASA (2023), le chiffre d’affaires moyen d’un ostéopathe est de 60 000 €/an. Rapporté à notre nombre, cela fait des ostéopathes une profession fiscalement contributive, ce dont le R.O.F. est particulièrement fier.
Une base scientifique de plus en plus solide
De nombreuses études récentes soutiennent l’intérêt de l’ostéopathie et plus largement de la thérapie manuelle :
La thérapie manuelle est une intervention non médicamenteuse qui enrichit l’arsenal thérapeutique à la disposition des patients. Les ostéopathes la pratiquent quotidiennement et massivement sur l’ensemble du territoire.
La réglementation encadrant la profession d’ostéopathe permet un déploiement rapide et efficace de cette intervention non médicamenteuse, dans un cadre réglementaire sécurisé comme nous l’indique les assurances de responsabilité civile professionnel (RCP).
Le R.O.F. considère que l’ostéopathie et plus largement la thérapie manuelle doit être une activité reconnue et valorisée à la hauteur du service qu’elle rend aux patients.
L’accès aux soins reste inégalitaire
Aujourd’hui, nos patients ne peuvent être remboursés qu’à travers leurs complémentaires santé ou mutuelles. C’est la seule modalité de prise en charge possible.
En septembre 2024, après la parution du rapport n°770 du Sénat, et à l’initiative de la FEDOSOLI, le R.O.F. a encouragé une large coalition professionnelle et citoyenne pour défendre le remboursement des soins en ostéopathie, réunissant en un mois :
Cette mobilisation a eu aussi le soutien de la Fédération National des Etudiants en Ostéopathie (FEDEO).
La LFSS 2025 a finalement préservé l’accès aux soins ostéopathiques, ce dont nous nous félicitons.
Cependant, le R.O.F. estime que l’accessibilité aux soins en ostéopathie reste insuffisante, notamment pour :
Propositions concrètes du R.O.F. pour le PLFSS 2026
Du reste, nous constatons que les ostéopathes ne sont pas représentés au sein de la CCSS, alors que les professions de santé le sont.
Nous souhaiterions pouvoir participer aux débats auxquels nous avons pleinement notre place, et qui concernent également les 40 190 professionnels exerçant l’ostéopathie en France.
L'accès aux soins est un enjeu majeur de notre système de santé, et le R.O.F. est un acteur particulièrement engagé sur cette question au sein de notre profession.
Nous nous tenons à votre disposition pour convenir d’une rencontre ou pour tout échange complémentaire.
François LEJEUNE
Président
1 :"Effectiveness of Manual Therapy for Pain and Self-reported Function in Individuals With Patellofemoral Pain: Systematic Review and Meta-analysis.
2: "The effectiveness of manual and exercise therapy on headache intensity and frequency among patients with cervicogenic headache: a systematic review and meta- analysis"
3 : "Comparative Effectiveness of Manual Therapy Interventions on Pain and Pressure Pain Threshold in Patients With Myofascial Trigger Points: A Network Meta analysis"